15 phrases que chaque parent devrait dire à son enfant
15 phrases que chaque parent devrait dire à son enfant
Sur un forum de parents, une maman raconte qu'elle a toujours répété à sa fille : « fais attention à toi, ton corps t'appartient, personne n'a le droit de te toucher ». Elle était, dit-elle, une maman très vigilante. Et pourtant, le pire est arrivé.
Plus loin, une femme se souvient qu'enfant, elle refusait même les bonbons de la boulangère, car on lui avait raconté la fameuse histoire du méchant à la camionnette blanche qui propose des bonbons aux petits. Mais le jour où elle s'est fait abuser, elle n'a rien su faire, ni su dire...
Ces deux mamans avaient fait tout ce qu'on nous a appris. « Méfie-toi des inconnus. » « Dis non. » « Dis-moi si on te fait mal. » Ces phrases ne sont pas fausses. Mais elles ne suffisent plus, parce que ceux qui s'en prennent aux enfants les connaissent aussi. Ils sont souvent proches, ils ne font pas forcément mal, ils présentent ça comme un jeu, un service, une attention spéciale. Et ensuite, c'est la honte qui fait taire l'enfant.
Voici les phrases qui comblent ces trous. Elles ne lui feront pas peur. Elles lui donneront de quoi reconnaître une situation anormale, réagir et surtout vous en parler, le jour où vous ne serez pas à côté : à l'école, chez un copain, en classe verte...
« Un adulte n'a jamais besoin de l'aide d'un enfant. »
« Ne suis pas un inconnu. »
« J'ai perdu mon chien, tu m'aides à le chercher ? » « Tu viens m'aider à porter ça dans ma voiture ? » Demander de l'aide est la façon la plus simple d'isoler un enfant, parce qu'on lui a appris à être serviable. Et la demande peut venir d'un inconnu comme d'un voisin ou d'un ami de la famille. Un enfant ne sait pas trier les gens. Mais il peut retenir une règle sur la demande elle-même : un grand qui a besoin d'aide demande à un autre grand.
« Si un grand te demande de l'aider à chercher quelque chose, à porter quelque chose ou à le suivre quelque part, tu lui dis d'aller demander à un autre adulte, et tu viens me voir. Les grands s'aident entre grands. »
« Même si ça ne fait pas mal, même si ça chatouille, tu peux me le raconter. »
« Dis-moi si quelqu'un te fait du mal. »
Pour un jeune enfant, « faire du mal », c'est faire mal, au sens physique. Or la plupart des gestes malveillants ne font pas mal. Une maman raconte que sa fille, invitée chez un camarade, a « joué à se faire des chatouilles sous la culotte » au fond du jardin, pendant que l'autre maman couchait les petits. La fillette n'avait pas eu mal. Elle n'avait donc aucune raison de penser qu'il fallait le dire. Beaucoup d'adultes découvrent des années plus tard que ce qu'ils ont vécu enfant n'était pas normal, simplement parce qu'à l'époque, ça ne faisait pas mal.
« Si quelqu'un fait quelque chose avec toi qui te paraît bizarre, même si c'est rigolo, même si ça chatouille, même si ça ne fait pas mal du tout, tu peux me le raconter. Je ne serai pas fâché. »
« Tu n'as pas besoin d'avoir dit non pour avoir le droit de me le dire. »
« Si quelqu'un t'embête, tu dis non. »
Face à quelque chose qu'il ne comprend pas, l'enfant ne se défend presque jamais. Il se fige. Des adultes qui l'ont vécu le décrivent tous de la même façon : ni fuir, ni se battre, ils sont juste gelés. Ensuite, l'enfant repense à ce qu'on lui a appris (« il faut dire non ») et il conclut : je n'ai pas dit non, donc c'est ma faute. C'est cette culpabilité qui le fait taire. Même les adultes se figent : un papa raconte qu'il est resté figé, sa fille dans les bras, face à deux hommes qui tentaient de la kidnapper dans un parc, en pleine journée, quand elle s'est éloignée...
« Parfois, quand on a peur ou qu'on ne comprend pas, le corps ne bouge plus et la bouche ne parle plus. Ça arrive même aux grands. Si ça t'arrive, ce n'est pas ta faute. Tu pourras me le raconter après, même longtemps après. »
« Je te croirai. Même si c'est quelqu'un que j'aime. »
« Tu peux tout me dire. »
Un enfant ne se demande pas seulement s'il peut parler. Il se demande s'il sera cru. Et il a souvent raison d'en douter : on croit plus volontiers tonton, la nounou ou deux grands qu'un enfant de 4 ans qui s'emmêle dans son récit. Des adultes racontent avoir parlé une fois, enfant, et s'être entendu répondre qu'ils inventaient des histoires. Ils n'ont plus jamais rien dit. Votre enfant doit savoir à l'avance que votre parole est acquise, même contre un proche.
« Si un jour tu me racontes quelque chose sur quelqu'un, même quelqu'un de la famille, même quelqu'un que j'aime beaucoup, je te croirai, toi d'abord. »
« Rien de ce que tu me raconteras ne m'empêchera de t'aimer. »
Rien. On pense que l'enfant le sait.
Une petite fille raconte avoir mis trente minutes à sortir les mots devant sa mère, incapable de la regarder dans les yeux, persuadée qu'elle ne l'aimerait plus. Une autre maman raconte que sa fille de 6 ans, après avoir été forcée à des gestes à l'école, avait peur d'aller en prison. L'enfant se sent sale, complice, en faute. Il ne se tait pas parce qu'il ne vous fait pas confiance. Il se tait parce qu'il a peur de vous perdre ou d'être puni.
Dites ça en dehors de tout contexte, au câlin du soir. « Tu sais, même si tu fais une grosse bêtise, même si quelqu'un t'a fait faire quelque chose de bizarre, je t'aimerai toujours autant. Et tu ne seras pas puni de me l'avoir dit. »
« Si quelqu'un tente de t'isoler, tu reviens là où il y a du monde. »
« Reste sage et écoute la maîtresse. »
À l'école, les situations que racontent les parents se passent presque toujours au même endroit : dans les toilettes, dans « un petit coin retranché » de la cour, là où une seule surveillante pour cinquante enfants ne peut pas être. Chez un copain, c'est le fond du jardin, la chambre porte fermée. En soirée pyjama, c'est quand les parents dorment. Vous ne pouvez pas surveiller ces endroits. Mais votre enfant peut apprendre que l'endroit lui-même est un signal.
« Si un copain ou un plus grand veut t'emmener dans un coin où les autres adultes ne voient pas, ou fermer la porte pour un jeu, tu peux dire "non, on joue ici" et rester là où il y a du monde. Ce n'est pas être rabat-joie. C'est être malin. »
« Raconte-moi : qu'est-ce qui t'a fait rire aujourd'hui, et qu'est-ce qui t'a mis mal à l'aise ? »
« Ça s'est bien passé ? » (réponse : « oui »)
Une maman l'écrit simplement : elle voudrait que le silence n'étouffe pas son enfant, ni le sien, ni celui que quelqu'un pourrait lui imposer. Un enfant ne vient pas raconter une chose grave à un parent avec qui il n'a jamais parlé de choses gênantes. Le jour où il en aura besoin, il le fera s'il en a déjà parlé cent fois pour des petites choses. Cette question, posée chaque soir, crée l'habitude : le malaise, ça se raconte, comme le reste.
Au bain, au coucher, en voiture, toujours de la même façon. Racontez d'abord votre expérience sur la journée pour montrer l'exemple. Et quand il vous raconte un petit malaise (« Léo a dit un gros mot »), écoutez-le avec le même sérieux que si c'était grave. C'est ce qui lui donnera envie de revenir vous parler.
Si une seule de ces phrases vous a fait penser « je ne lui ai jamais dit ça », imaginez les autres.
Les 8 suivantes parlent de ce qui inquiète le plus les parents : les enfants plus grands, l'adulte trop gentil, les mots qui restent coincés, et ce qui se passe quand votre enfant parle à un adulte qui ne l'écoute pas.
- « Les copains et les plus grands aussi peuvent te demander des choses qui ne se font pas. »
- « Si ça ne va pas mais que tes mots restent coincés, tu peux me le dessiner. Je comprends aussi. »
- « Si un grand est beaucoup plus gentil avec toi qu'avec les autres, et te donne des choses à cacher, tu me le dis. »
- « On ne voit pas sur le visage de quelqu'un s'il est gentil. On le voit à comment il agit avec toi ou avec les autres. »
- « Tu as le droit de fermer la porte. Ta pudeur, c'est ton choix, et ça ne me dérange pas. »
- « Tu peux me poser toutes tes questions sur ton corps, même celles qui sont drôles. On a tous des parties rigolotes. »
- « Si tu te confies à un adulte et qu'il ne t'écoute pas, tu continues jusqu'à ce que quelqu'un t'écoute. »
- « Je vois que quelque chose te tracasse. Tu me le diras quand tu voudras. »
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Une phrase dite une fois s'oublie. Ce qu'il a joué, il le garde.
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